Les Wages Councils: bilan

Résumé : C'est en 1909, sous le regard bienveillant de Winston Churchill, alors Président du Board of Trade, que les Conseils lndustriels (Trades Boards), ancê­tres des Conseils des Salaires (Wages Councils), voient le jour. La législation vise avant tout à réduire l'exploitation salariale, qui dans certains secteurs de l'industrie britannique, est devenue insupportable. En effet, malgré une soumis­sion ancienne et presque totale à un système économique ultra‑libéral, l'opinion publique est bouleversée par de nombreuses révélations tout à fait scandaleuses sur les conditions de vie endurées par les ouvriers les moins bien rémunérés de l'industrie britannique et se montre de plus en plus hostile au " sweating system "1. Celui-ci réunit toutes les conditions propres à créer une insuffisance flagrante du niveau de vie des travailleurs, et se manifeste principalement par des conditions de travail insalubres et dangereuses, un nombre d'heures de travail excessif et des salaires anormalement bas. A première vue, le discours politique consacré à la fixation de salaires minima n'a pas évolué. En 1909, les uns craignent que ces minima n'aient des effets délétères sur le chômage et la compétitivité de l'industrie dans son ensemble. Les autres revendiquent le droit de chaque travailleur, en vertu de sa participation à la communauté, à un salaire équitable et juste. Ils prétendent en outre que l'avilissement des salaires n'aura d'autre effet que de pervertir la compétition commerciale. Si aujourd'hui, les diverses aides sociales parviennent à atténuer sensible­ment les méfaits des bas salaires, ce n'est pas pour autant que le terme " sweated labour " est tombé en désuétude. Il en va de même pour les Conseils des Salaires qui continuent à établir les salaires horaires minima pour les travailleurs employés dans vingt-quatre secteurs d'activité de l'industrie britannique. Depuis sa création, ce système de fixation par ordonnances ministérielles de salaires minima n'a subi aucune modification en profondeur. On constate, par ailleurs, que les types de métiers ainsi que les caractéristiques des employés soumis aux dispositions des premiers Conseils Industriels n'ont guère changé. Grâce à son processus sélectif surtout, mais également à sa discrétion, cette forme d'intervention étatique a manifestement été approuvée par l'ensemble de la classe politique. Toutefois, si l'on s'en tient aux menaces récentes des pouvoirs publics, ce sursis tire à sa fin.
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Alizés : Revue angliciste de La Réunion, Faculté des Lettres et Sciences humaines (Université de La Réunion), 1994, pp. 67-87
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Contributeur : Timothy Whitton <>
Soumis le : jeudi 3 juillet 2014 - 15:51:00
Dernière modification le : mercredi 28 février 2018 - 17:06:03
Document(s) archivé(s) le : vendredi 3 octobre 2014 - 10:46:19

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Timothy Whitton. Les Wages Councils: bilan. Alizés : Revue angliciste de La Réunion, Faculté des Lettres et Sciences humaines (Université de La Réunion), 1994, pp. 67-87. 〈hal-01017249〉

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