La mairie de Londres: l'exception qui confirme la règle

Résumé : Le maire de Londres se fie à l'efficacité lorsque le service répond aux exigences du service citoyen plutôt qu'à des questions de simple rentabilité. Il protège ainsi une certaine éthique du service public et se dresse comme un rempart contre ceux qui souhaiteraient, à la rigueur, s'éloigner de leurs responsabilités à tel point que le lien entre le citoyen et les services publics auxquels il a droit, dans le sens Marshallien du terme, serait inexistant. Comment est-il possible, en effet, de demander des comptes à tel ou tel prestataire de services lorsqu'il est le quatrième, le cinquième voire le sixième maillon dans la chaîne de la commercialisation, lorsque le service a été sous-traité jusqu'à ne plus être visible par celui qui en est responsable ? Dans le commerce, certaines entreprises y parviennent admirablement bien. Elles sont si loin du produit qu'elles vendent que leur activité commerciale se limite à soigner leur image de marque. Il est bien connu que c'est bien plus celle-ci qui fait vendre que la qualité du produit lui-même. Lorsque le New Labour a essayé de convaincre le maire de Londres d'entrer dans le rang et de soigner l'emballage plutôt que le produit, la sanction du candidat Livingstone et de son électorat a été cinglante. Le libéralisme soi-disant " social " du New Labour a peut-être investi le terrain politique au point où le consensus sur la recevabilité de ce nouveau paradigme touche les partis de tous bords. A cet égard, dans son livre Les Evangélistes du Marché, Keith Dixon dresse un bilan assez pessimiste des années Blair : il ne faut pas être dupe car le New Labour n'a pas su contrebalancer le libéralisme " économique " de ses prédécesseurs par son propre libéralisme " civique ". Mais dans sa conclusion il affirme que le gouvernement de Blair, tout comme ses prédécesseurs conservateurs d'ailleurs, aura beau s'acharner contre les services publics version Old Labour - si tant est que l'on accepte la distinction entre New et Old Labour - il y aura toujours suffisamment de partisans des valeurs " collectivistes " pour dénoncer la marchandisation à outrance de ce qui autrefois était considéré comme des droits inaliénables. A la tête de la mairie de Londres, Livingstone fait de la résistance par rapport aux avancées de la pensée unique du néo-libéralisme, et au mois de septembre 2003, à l'issue d'un sondage, on lui a décerné le titre du " personnage ayant le plus d'autorité dans les services publics en Grande-Bretagne ". C'est ainsi qu'il pourra continuer depuis City Halli d'exercer une influence forte sur le New Labour car par delà ses convictions politiques et selon l'un des ministres de Tony Blair " Ken et le gouvernement, c'est comme un chien et un lampadaire ; il ne sait pas se retenir ! ".
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Gilles LEYDIER. Les services publics britanniques, Presses Universitaires de Rennes, pp. 257-274., 2004
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Contributeur : Timothy Whitton <>
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Timothy Whitton. La mairie de Londres: l'exception qui confirme la règle. Gilles LEYDIER. Les services publics britanniques, Presses Universitaires de Rennes, pp. 257-274., 2004. 〈hal-01018159〉

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