La mairie de Londres (Greater London Authority) : une dévolution de proximité

Résumé : Dans la rubrique intitulée « Devolution, strengthening the Union » de son manifeste électoral de 1997, le New Labour de Tony Blair déclare très clairement son intention, dans l’hypothèse d’une victoire aux élections, de décentraliser le pouvoir vers l’Ecosse et le pays de Galles. Selon le manifeste, la première étape de cette « dévolution » consistera en l’organisation de référendums dans ces deux pays afin de confirmer le soutien populaire à ce bouleversement profond dans la distribution du pouvoir politique au Royaume-Uni. Plus loin dans le manifeste, après avoir indiqué vouloir doter les grandes villes de maires exécutifs, dans un court paragraphe consacré à Londres le New Labour confirme son souhait de demander aux Londoniens, également par voie référendaire, l’autorisation de créer une nouvelle instance centrale dans leur ville. En effet, depuis l’abandon en 1986 de tous les Metropolitain Councils, dont principalement le Greater London Council (GLC), Londres se retrouve sans aucune instance disposant des pouvoirs nécessaires à l’organisation de projets pour l’ensemble de la capitale. Ce sont les trente-deux conseils municipaux des boroughs qui s’en chargent, mais les grands dossiers souffrent d’un manque criant de coordination centrale. Cependant, le faible taux de participation au référendum à Londres traduit le manque d’intérêt des électeurs pour leurs différentes administrations locales. En revanche, la campagne organisée par le candidat indépendant, Ken Livingstone, celui qui prétend vouloir défendre les intérêts des Londoniens plutôt que ceuxd’un quelconque parti politique, rendra l’élection du premier magistrat de la capitale bien plus stimulante. Son action à la tête de la toute nouvelle mairie de Londres, la Greater London Authority, confirmera cette nouvelle tendance à cet échelon du pouvoir local de verser allègrement dans la politique « spectacle » où le personnage des candidats revêt autant d’importance – sinon plus – que leurs programmes respectifs. Le projet phare de Livingstone, sa taxe « anti-embouteillages » contribue à sa deuxième victoire en 2004 – cette fois-ci en défendant les couleurs du Parti travailliste - et ses opposants se demandent bien s’ils pourront un jour lui trouver un adversaire de taille. C’est ainsi que la candidature de Boris Johnson, député conservateur et véritable célébrité des médias, trouve grâce aux yeux du Parti conservateur : sans avoir les compétences managériales requises pour gérer une grande ville, il pourra au moins battre Livingstone à son propre jeu et asseoir le pouvoir de David Cameron et de son parti dans la capitale. Sa victoire en 2008 est autant due au travail effectué par son équipe de campagne qu’aux déboires de son adversaire et celle de 2012 l’oblige a effectué un véritable travail d’équilibriste entre les liens qu’il entretient avec le gouvernement central et donc la coalition, et ceux qu’il a noués avec les Londoniens. Il s’agit d’un travail d’artiste dont seules les célébrités semblent, pour l’instant du moins, détenir le secret.
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Regards croisés, 2014, La Régionalisation en Europe : regards croisés,, pp. 215-238
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Soumis le : mardi 5 avril 2016 - 10:01:55
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Timothy Whitton. La mairie de Londres (Greater London Authority) : une dévolution de proximité. Regards croisés, 2014, La Régionalisation en Europe : regards croisés,, pp. 215-238. 〈hal-01297869〉

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